marcher sur des couleurs épaisses
13Jul06 | pieds
(mosaïque Nadège Lepot)
Je m'étais demandée, en écrivant Les Adolescents troglodytes, comment la matière d'un sol changeait quelque chose à notre rapport à la marche, à l'espace-temps du marcheur.
Et si les couleurs de ce sur quoi on marche, aussi, changeaient quelque chose à notre avancée ? Est-ce qu'on marche plus vite sur du jaune épais, est-ce que l'ocre nous ralentit ? Et sur le bleu nuit, nos pas ne sont-ils pas plus accrochés ?
Sur ces pierres de matière colorée on a envie de poser des pieds nus, y laisser une éphémère condensation, avec la curiosité des orteils, s'attardant un peu.
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