raconte moi ton histoire de loups
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Christian Morin en personne raconte l'histoire de Shendo et Dryade, c'est un petit film, une entrevue faite par votre serviteuse en vue d'une documentation pour Les Adolescents troglodytes (le décor dans le film : notre intérieur de luxe avec en fond sonore le petit qui fait son train-train, le grand qui déjeune et racle son bol, et des rires de mon webmaster...).

Pour écouter les loups, un bel enregistrement de silence radio

Pour mémoire et pour comprendre, dans ce cahier :

"Interpellation" (l'arrestation des loups),

"La Rajasse (coïncidences encore et encore)" (lire les commentaires touchants de François),

"au loup" (lettre au procureur pour dénoncer l'inscription prenant le loup comme prétexte à l'incitation raciale),

"L'écrivain, l'enfant et le loup dans le Vercors (dans le dos)" : note du 20 avril (comment les histoires du loup font partie du paysage culturel des enfants vertacos, ce que n'a pas compris l' "écrivain").

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Juste après la naissance des petits, le bourru a pris dans ses bras deux autres jumeaux, Shendo et Dryade. Il les a confiés au chef de meute, un grand husky de Sibérie, auquel ils se sont soumis très vite. (...)
Le frère et la sœur n’aspiraient pas l’eau, mais la lapaient comme des chiens. Déjà Shendo relevait la queue en s’approchant de Nil. Dryade quémandait des caresses sur le ventre d’une grande patte maladroite, et Paule se vautrait dans sa panse.
Le loup, et pas un loup la queue dressée, a été repéré un matin très tôt près de l’arrêt de la navette, pas loin de leur maison. Les traces d’un grand chevreuil devant les siennes ne laissaient aucun doute. Il était en chasse, sinon il ne se serait jamais approché si près du hameau, les loups sont trop peureux. Ce ne pouvait pas être un loup apprivoisé non plus, il ne se serait pas enquiquiné à poursuivre le chevreuil. Mais cette apparition a provoqué des réactions démesurées et contradictoires. Les chasseurs et les écolos se sont foutu sur la gueule, pendant que les jumeaux essayaient de suivre à l’école.
Ils sont arrivés un vendredi matin vers 7H30, juste à l’heure de la navette. Dix gendarmes, quatre gardes fédéraux, avec des perches et des seringues, pour embarquer les jumeaux.

Mais le loup traînait toujours sa queue basse dans la brume du plateau, les poils sans doute à peine embarrassés de rumeurs et de rosée.


Les Adolescents troglodytes, à paraître (POL, janvier 2007)



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