des cordes, des marches et des mots
DSC02066

J'aime bien ce "nécessaire à déplacer les montagnes". C'est un objet de Philippe Ramette (1993).

J'aime les cordes et le bois, j'aime l'absurde, un absurde massif et poétique.

Les cordes sont enroulées comme rangées : le nécessaire est prêt à servir, au cas où. C'est que des idées à mouvoir, des montagnes d'idées préconçues, mal conçues, à bousculer, y'en a.

DSC02065_2

J'imagine presque crédule les gros bras chargés du déplacement. Des hommes Sysiphes, des hommes bourrins, des hommes lumière, des marcheurs, des hommes fous, des hommes poètes, peut-être.

Ses muscles sont longs, pleins. Il a des muscles de travailleur, pas des muscles de salles de sport, et ça me touche. Pour travailler sur cordes, il suffit pas de savoir escalader et d’avoir confiance dans le matériel, aux ancrages bien scellés, tu sais, il faut avoir une sacrée expérience du froid, de la solitude, il faut être en bonne condition physique. Il suffit pas de savoir grimper, il faut avoir confiance en soi et connaître ses limites, et travailler, travailler ses limites, ses faiblesses. Il chuchotait comme si c’étaient des confidences. En regardant son bras, son avant-bras, ses poignets serrés et sa main valide, il me semblait rêver ses déplacements sur les parois. Mais il s‘est assis brutalement et a caché ses mots dans ces bras magnifiques, ses mains retenaient ses cheveux, l’atèle levé au milieu de son crâne.

Il me regardait à la jumelle, il a vu la paroi se détacher, il m’a vu tomber. C’est fini, Axel. Non, le bruit, tu t’imagines pas le boucan que ça faisait, et ça remuait de partout.

Les Adolescents troglodytes, à paraître (POL, janvier 2007)

DSC02064

Déplacer les montagnes, c'est pas un boulot pour la DDE, la voirie, ou les creuseurs de tunnels, non, il a raison Ramette, c'est un travail d'artistes, de poètes, de lecteurs, de spectateurs, et de marcheurs.

Marcher c'est écrire, lire c'est marcher.

Déplacer les montagnes, partager des paysages et des mots*, sauter des frontières, en marchant, en lisant, c'est un peu l'utopie de la

Cinquième édition des Pérégrinations Littéraires dans la Montagne jurassienne

Coppet et son château (Vaud), Esplanade du Lac Divonne-les-Bains (Pays de Gex), Abbaye cistercienne de Bonmont (Vaud), alpages franco-suisses du Noirmont et Lac des Rousses (Haut-Jura).

La détail de l'aventure sur le site de "saute frontière".

logo


*Info trouvée sur le site de Joël Bastard, grand poète marcheur, poète grand marcheur, invité de ces Pérégrinations.


|